Quand en 1998, le président déchu nous a annocé la commercialisation de la première ligne téléphonique GSM, tout le monde s’est bousculé le lendemain pour avoir cette carte SIM à 150dt qui nous permettra, plus tard, de téléphoner et de s’échanger des texto. A l’époque, tout les moyens étaient bon pour avoir sa ligne GSM: appeler un ami «pistonné», devenir un médecin pour quelques heures (ils étaient prioritaires) ou même s’allier à une association (pour ne pas pas dire au parti politique qui gouvernait). Cette ligne GSM, fallait l’avoir, et tout de suite!

Dans la rue, au café, au restaurant ou même dans le bar, il suffisait d’entendre la fameuse sonnerie «Nokia Tune» pour que tout le monde nous regarde avec frustration..Merde, comment il a fait pour avoir une ligne!

Depuis, et pour quatre ans de suite, «l’opérateur historique» faisait sa fortune en nous vendant des cartes SIM, et rien que ça.

L’arrivée du «premier opérateur privé» a boosté le marché de la télécommunication. Décembre 2002, l’opérateur vendait déjà ses lignes GSM et on entendait les gens dire «Voilà que l’operateur du peuple est venu» ce qui laissait croire que «l’opérateur historique» était désigné comme étant, à l’époque, un opérateur d’élites!

En 2003, On voyait déjà les gens circuler avec deux mobiles dans la poche (ou dans les mains) ou un mobile double SIM. Ils suivaient avec attention les promotions pour voir laquelle des deux lignes faut il recharger, laquelle utiliser pour envoyer des texto, laquelle utiliser pour émettre des appels, et auquel des deux opérateurs faut il faire confiance durant les périodes de l’Aid pour être sûr que notre SMS est arrivé au destinataire. Le Bac, les résultats du CAPES, les résultats des concours, les offres des agences de voyages, les RDV ratés, les excuses, les félicitations, les condéloances, les déclarations d’amour, le tchat, les cours anglais, les quiz à deux balles, tout, on faisait tout par SMS! Le langage SMS monte alors en puissance, et on était donc en phase de réécriture du «Larousse» à la Tunisienne.

Sept ans plus tard, un troisième opérateur débarque avec ses offres internet mobile et ses smartphones! Rappel, on est seulement onze millions ou presque (sans compter les expatriés).

Pour arracher les clients, les trois opérateurs, ou TroïkaCom, faisaient appel à des agences de communication locales et du coup, on assistait à une guerre digne d’être assimilée à la guerre des partis politiques qui se déroule en ce moment même. Chacun des trois opérateurs se voyait le meilleur, chacun nous disait qu’il a le plus d’abonnés et nous, on devrait subir et consommer. Et vu que nous sommes le peuple consommateur par excellence, chacun de nous, s’est abonné aux trois opérateurs. D’ailleurs, c’était la raison pour laquelle les chinois ont inventé des téléphones triple SIM, importés et vendus au Souk Moncef Bey à 100dt.

Chaque abonnement est destiné à un usage bien défini. Par exemple, la ligne «opérateur historique» est le moyen de rappeler aux autres qu’on était parmi les premiers à avoir une ligne dans ce pays des merveilles. La ligne «premier opérateur privé» est plutôt une ligne business. Chez les jeunes, c’est la ligne grâce à laquelle on pouvait parler à nos amis à moindre coût. La ligne du troisième né, connu comme étant «l’opérateur 3G» est utilisée pour se connecter à internet via son smartphone, mais aussi pour appeler en illimité sa chérie, histoire de se parler plus qu’au téléphone qu’en «real-life».

Les bonus et les promotions se suivaient et se ressemblaient, des offres sur recharges, des offres pour se connecter «everywhere» à internet et poster ses photos prises au bord de la mer ou même au désert, d’autres pour recharger son téléphone via un distributeur automatique de billets, pour consulter son compte bancaire ou même pour envoyer ce fameux SMS «Apelle moi, je suis fauché», et nous, on consommait.

«L’opérateur historique» a même lancé une marque destinée aux jeunes de -25 ans pour concurrencer celle faite par «le premier opérateur privé». D’ailleurs, quand mon téléphone affichait un numéro avec ce préfixe destiné aux jeunes de -25 ans, j’avais la tête…bon je me tais.

Durant les jours qui ont suivi la fuite de Zaba, la TroïkaCom a décidé d’alimenter nos mobiles chaque 24h. On a eu donc droit à un dinar light (et il était vraiment light). Les numéros des services de sécurité (militaires et police) passaient au vert, sauf qu’ils étaient constamment occupés. Merci quand même.

Il est donc compréhensible que sur une population de onze millions et avec tois opérateurs téléphoniques, tout allait bien…Jusqu’au jour où, un de la TroïkaCom a decidé de tout casser. Désormais, on pouvait appeler tout le monde à un tarif unique: 99 millimes. L’offre destinée aux -25ans, presque morte, devait donc refaire surface, et elle n’a pas tardé! Et pour que la fête continue, «le premier opérateur privé» vient lui aussi de rejoindre ses amis-ennemis de la TroikaCom et a lancé sa petite offre de l’après révolution de la dignité et de la liberté, une offre qui ne sort pas du seau, et nous permettra d’appeler nos chers, non pas à 99, mais à 98 millimes! A l’instant même, j’ai une et une seule question pour laquelle je n’ai pas trouvé de réponses: mais est ce de la concurrence? Le fait de copier une offre et de la coller sans même la réajuster pourrait être considéré comme «innovation» et «génie»? Merci TroïkaCom, on vous aime, on ne peut pas vivre sans vous, mais auriez vous d’autres idées à nous proposer?

Demain, je voudrais avoir une meilleure qualité de réseau, une meilleure qualité de connexion, un tarif unique vers tous les opérateurs sans avoir recours à migrer vers l’offre 98 millimes (et donc perdre les bonus sur recharge et les promotions), une tarification à la seconde sur toutes les offres, une portabilité de numéro si je change d’opérateur, je voudrais aussi recevoir un message sur le coût de mon dernier appel émis, je voudrais payer mes factures via mon mobile..Demain, je voudrais voir d’autres opérateurs mobile virtuels en Tunisie..!

Dear Marketing Teams of TroikaCom companies, faites comme Issam Jemâa, «5arrej El Grinta Elli Fik».

Publié: mars 30, 2012 dans Uncategorized
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Jeudi 10 juillet 2008, et après des années passées sur le serveur DALnet du mIRC, je débarque sur Facebook, depuis tout a changé dans ma vie sociale. Je ne sais pas encore si c’était une faute grave, ou tout simplement une erreur inadmissible.

De 2008 à 2011, il n’y avait rien à signaler: on partageait les chansons d’amour, les buts marqués par nos équipes de foot préférées, les nouvelles coupes de cheveux de Brandy, les photos de Shakira avec son nouveau boyfriend, les vidéos gags de la semaine, quelques photos de « Only on Tunisia » ainsi que d’autres conneries genre « Tiens, t’as pas vu ma nouvelle photo de profil prise à Paris? Viens commenter » On a même eu droit à un Facebook à la Tunisienne : FaceOmmek.com.

Bref, tout était calme sur Facebook, jusqu’à ce 17/12/2010, où l’on a, enfin, découvert quelques « vrais Tunisiens ». C’était la première fois que je voyais quelqu’un de mes amis Facebook partager une vidéo des émeutes de Sidi Bouzid. Brave.

On passe directement au 14/01/2011, le jour où Zaba a pris la fuite. Depuis, les Tunisiens se « Tunis’oissait ». Mais oui, c’était via Facebook que tout le monde expliquait aux autres qu’il était à l’avenue Hbib Bourguiba le 14/01, parfois, photo à l’appui. La guerre aux rumeurs vient alors juste de commencer : des ambulances par ici, des échanges de tirs par là, des actes de vandalismes dans la cité X, des photos et des vidéos de pillage de Géant diffusées, des photos de profil avec drapeau de ma chère Tunisie un peu partout, des informations récoltées du cousin de mon cousin qui connaissait quelqu’un qui était sur place mises comme statut..C’était magnifique tout ça, et émouvant à la fois. Ah oui, il y avait aussi les photos prises dans des postes de polices partagées un peu partout sur nos murs Facebook, on avait aussi pu déceler les listes nominatives des « Mondassines et RCD », avec numéro de téléphone s’il vous plaît.

Quelques jours après ce fameux 14/01, des caravanes de soutien faisaient leur départ à Sidi Bouzid, attention, il ne fallait pas rater ce petit trip, parce que si tu n’y étais pas, ce que t’es pas un néo-Tunisien toi. Il a fallu non seulement y être, mais aussi poster tes photos prises à Sidi Bouzid en train d’offrir des cadeaux à nos chers Bouzidiens, d’embrasser la tombe de Bouazizi ou en pose avec sa charrette garée devant sa maisonnette. Autrement, si tu n’as pas fais ça, t’es un « Mondass » auquel la révolution ne signifie rien et n’a pas eu lieu.

Les jours passent, les Tunisiens se « Tunis’oisse » de plus en plus, ils deviennent tous des Jalel Brik, des Taoufik Ben Brik, des experts en politique, des fouteurs de troubles (photos des événements du Palmarium..Ah oui, tu y étais toi ?). Fini le foot, c’est l’ère d’apprentissage de la démocratie et des idéologies politiques.

Les élections s’approchent, chacun a choisi son camp, ou presque. Au fait c’était si facile de se positionner : « t’es islamiste ou pas islamiste toi ? Ça c’est la question » La réponse nous dira de quel camp fais tu partie et c’est Facebook qui t’aidera à le savoir.

La vente aux enchères des pages commencent, les accusations avec, tu pourras enfin découvrir si t’es un franc-maçon ou un musulman de race pure, ou même un athée. Elections faites, l’Assemblée Constituante et Gassas réunie, la Troïka est née, le gouvernement est mis en place, c’est maintenant qu’on commencera la punition de tous ces non-Tunisiens qui n’ont pas élu un des trois partis formant la Troika. Ne me dites pas comment va-t-on vous punir, la réponse est pourtant très facile : sur Facebook Madames et Monsieur, sur Facebook.

Dans les jours qui suivent, méfie-toi, un statut peut te rapporter des accusations. Pour certain, t’es un « Mondass », pour d’autres t’es un franc-maçon, d’autres te prennent pour un ex-RCD, un anti-Troika, un anti-Nahdha, un anti-CPR ou même un anti-Tunisie. Peu importe, t’es un zéro virgule toi, et tu n’as pas le droit de critiquer.

Hey, mais vous avez oublié un détail très important : Moi je suis né en Tunisie, j’ai une carte d’identité et un passeport Tunisien, je paye mes factures d’électricité et d’eau, mes amendes aussi, je consomme Tunisien, je ne fais pas du shopping ailleurs, je pars pas en voyage de formation chez des associations étrangères, je n’ai pas déposé une demande de carte de séjour, je n’ai pas une double nationalité, je suis un muslulman comme vous, je défends mon pays, je l’aime comme vous l’aimez et plus. Bref, je suis un Tunisien de race pure.

Vous, vous avez Facebook. Moi, j’ai un cœur qui bat pour ma Tunisie.

Publié: janvier 19, 2012 dans Uncategorized

Trois semaines se sont déjà écoulées depuis cette fameuse journée dite « de gloire », la journée où les Tunisiens ont fait, pour la première fois, la queue sans se plaindre ni s’échanger des gros mots.

Depuis, la Tunisie et les Tunisiens ont vécu des moments difficiles, très difficiles même. Personnellement, pendant ces trois semaines j’ai consulté mon médecin trois fois pour mesure de la pression artérielle, j’ai eu trois dépressions nerveuses (une par semaine) et j’ai aussi eu droit à des découvertes assez importantes comme par exemple le QI de certains de mes « amis ».

Bref, tout ceci semble être si ridicule même si au cours de ces trois semaines j’ai enfin, et à 31 ans, compris ce que veut dire mère célibataire. Ah oui, j’ai tout de même réussi à lire un livre en langue arabe : « Al Khilafa fi 3ahd Al 9affafa », ceci est un événement historique.

Maintenant que cette Assemblée Constituante (AC) élue et réunie, des questions et des préoccupations me tournent dans la tête. En voici, en résumé, les préoccupations majeures.

1/ Cette AC, et compte tenu de la première séance transmise en direct sur nos chaines télé et radios, réussira-t-elle vraiment à rédiger une constitution en une et une seule année ? Bon il faut dire qu’avec un Ibrahim Kassas et Taher Hmila, tout reste possible.

2/ Si l’on prend en considération ces grosses têtes qu’on a et ces têtes pensantes élues, pourrions nous être si patients et compréhensifs pour accepter de voir des députés qui s’échangent d’accusations parce que le président de l’AC a omis de donner la parole à X ou à Y ?

3/ Notre chaîne télé nationale pourra-t-elle vraiment rester neutre et assurer des débats constructifs sans avoir recours aux compétences d’Elyes Gharbi ? Parce que jusqu’au là, on ne dispose que d’un seul Elyes capable de gérer un débat entre des politiciens hétérogènes et si différents. Je ne parlerais pas des autres masses-médias, histoire de cacher mon pessimisme.

4/ Quelles seront les mesures à prendre par le nouveau gouvernement pour embaucher 590 milles chômeurs qui commencent à en avoir marre des promesses non tenues ! Ah non, ne me dites pas qu’on va tous les « expédier » en Libye. Parce qu’en Libye, si tu n’as pas de barbes ou que tu ne porte pas le voile, tu risques d’être expulsé dès ton arrivée. Moi, je suggère de garder le plan mis en place par l’ancien ministre de l’emploi et de la formation.

5/ Economiquement parlant, que compte faire le nouveau gouvernement pour arrêter ce flux de migration des grandes boites et usines vers le Maroc, le pays qui a le plus profité de ce « Arab Spring » ?

6/ Si l’on croit la BCT et Mosaïque FM, le taux d’accroissement économique tend vers le 0 alors qu’il était à +1,31% la veille des élections, le taux d’inflation dépasse 3,5%, les réserves en payement extérieurs se limitent à 114 jours. Ma question est très stupide, moi qui ne comprend rien en économie et statistiques, que compte faire l’état pour s’en sortir ?

7/ Si ce peuple retourne aux rues pour exprimer son mécontentement pacifiquement, je l’accepterais. Mais là quand il nous fait ce vandalisme-show, quand il met le feu dans une usine CPG ou dans un poste de police, quand il fait un sit-in sur les voies ferrées et prend les gens en otage, quand il ferme une autoroute et interdit les voitures, les camions et les ambulances de passer, je me demande si c’est vraiment le même peuple qui a défendu son patrimoine, ses rues et ses quartiers les nuits du 15 au 20 janvier ! Je ne reconnais plus ce peuple, je ne le reconnais plus ! Parce qu’un peuple qui s’acharne rien que pour avoir oublié de mentionner des noms des martyrs dans une première séance AC ou qui proteste parce que dans un concours seulement 4000 parmi 50000 personnes ont été recrutés risque de déraper à tout moment, et là ça sera le chaos !

8/ L’UGTT, la CGTT et l’UTT sont ils conscient du rôle qu’ils doivent jouer pour participer à l’essor de ce pays ? Jusqu’au là, ils n’ont pas compris ce qu’un syndicat doit faire.

9/ Sur les 12 Millions des Tunisiens, il faut vite faire une prospection et identifier les sosies de Hachmi Hamdi, parce que si leur nombre dépasse les 1200, ce pays risque de partir vers un point non retour…Faites vite !

10/ La préoccupation majeure, la question qui restera sans réponse… La liberté d’expression ! Les réactions à ce billet le prouveront, peut être !

Publié: novembre 25, 2011 dans Uncategorized

Si, le 31/12/2010, quelqu’un vous avait posé la question « Vos souhaits pour ce début d’année 2011 » vos réponses auraient été dans le même contexte que  « Plein d’amour, plein de prospérité, plein de joie, plein de santé  & Co pour moi, ma famille et mes amis »… Pour moi, ma famille et mes amis… Personne, ou presque, n’aurait parlé de La Tunisie, ni de gloire, ni de la démocratie, ni de la liberté, ni de sa guerre anti censure, rien de ça !

TnGloryDays : Those Glory days !

Rewind, le 14 janvier 2011, des milliers, des centaines de milliers de Tunisiens  étaient devant le siège du ministère de l’intérieur à l’Avenue Habib Bourguiba. D’autres, siégeaient, devant les  gouvernorats de Sidi Bouzid, Sfax, Sousse, Kasserine, Tala (délégation), Tataouine, Bizerte, Ben Guerdane et partout en Tunisie. Ils chantaient la liberté, ils chantaient l’hymne nationale, ils chantaient une chanson composée et écrite par un peuple qui en a marre, la chanson s’appelait « Dégage ». Une chanson qui a cartonnée sur Facebook, sur YouTube, DailyMotion et autres.  La chanson qui a été diffusée dans toutes les stations radios, cette chanson faisait LA UNE de toutes les chaines d’informations un peu partout dans le monde, plus tard, elle a été traduite et chantée dans toutes les villes du monde ou presque!.

Ce jour là, le 14 janvier à 17h50, Zaba et sa « coiffeuse » (Mes respects pour celles qui exercent ce métier) ont pris la fuite vers le pays où l’on accueille des dictateurs et rien que ça. Frissons…

Le 20 Octobre 7h du matin, Australie, le premier citoyen Tunisien (une fille d’ailleurs, vous les femmes…) exerce son droit de vote. C’est à cet instant là, que nos 225 martyrs ont eu, enfin, le droit de reposer en Paix.

Moi, pourquoi je vote ?

Je vote par respect aux Martyrs (RIP)..Je vote parce que.. « I Will Always Love You » comme l’a chanté Withney Houston en 1992, parce qu’il n’y a pas de « Someone Like You » comme l’a dit Adele, parce que  « God Only Knows » comme nous l’ont expliqué The Beach Boys en 1966, parce que « Nothing Else Matters» comme l’hurlait Metallica.. Je vote « Pour Que Tu M’aimes Encore ».. Je vote « Because I Can’t Stop Loving You ».. J’exercerais mon droit de vote parce que « i’m falling in love » with my lovely country : Tunisia. Y-a t-il une raison plus forte que ça ?

Wind of change !

Vous aussi, vous devez voter, vous devez aider ce pays qui vous a tant donné, ce pays qui vous a tout offert (sauf la démocratie bien entendu), ce pays qui vous a fait sourire parfois, pleuré autrefois, ce pays qui ne cessera jamais, jamais, de vous éblouir !

Par contre, vous ne devez pas aller voter parce qu’Obama a parlé de nous, ni parce que Google nous a dédié enfin une page google.tn, ni parce que YouTube et les sites censurés sont devenus accessibles en Tunisie, ni parce qu’un blogueur a été nommé secrétaire d’état le lendemain de la révolution, non plus, parce que la compagne « I Love Tunisia » a frappé fort et on a réussi la saison touristique révolutionnaire.

Vous, oui vous, vous devez voter parce que la Tunisie a changé le monde avec ce 14 janvier et a donné naissance à ce 25 janvier en Egypte, à ce 3 février au Yémen, à ce 17 février en Libye, à ce 20 février au Maroc, à ce 15 mars en Syrie, à ces mouvements de protestations du 20 mai en Espagne et à leur fabuleuse et merveilleuse Kasba (Oh l’ambiance !),  ce Occuppy Wall Street aux Etats Unis et dans 981 autres villes partout dans le monde le 16 Octobre 2011. Vous devez, entre autres, voter parce que vous avez fait le malheur des dictateurs arabes, du Bahrein au KSA, avec ce cauchemar d’Arab Spring!

Et surtout vous devez voter, parce que « Haremna… »

Vous, oui vous, vous devez peut être voter, rien que, pour que vous puissiez un jour être fier et exprimer votre joie à votre descendance et hurler cette phrase « Oui mon fils, ce 23 Octobre 2011, j’ai voté ! ».

Alors… « Will You Be There ? »… Me, surely!

VOTEZ .. les yeux du monde entier sont rivés sur NOUS.

Le 23 octobre, ne sera pas un jour comme les autres. En effet, c’est à cette date, que les Tunisiens vont élire leurs représentants dans une assemblée qui aura comme nom : l’Assemblée Constituante (AC).

Une assemblée, à la Tunisienne?

Une assemblée est une réunion de personnes, formant un corps, dans un même lieu, autour d’un sujet commun. Une constitution, quant à elle, est un ensemble de lois fondamentales d’une nation.

Une Assemblée Constituante est une institution ayant comme tâche la rédaction, ou l’adoption, d’une constitution, c’est-à-dire le texte fondamental d’organisation des pouvoirs publics d’un pays. Donc, avoir une Assemblée Constituante, c’est en d’autres termes avoir, des personnes qui ont un intérêt général et commun : écrire notre Constitution, c’est aussi avoir des représentants que ce soit des partis politiques que des indépendants aptes à se battre pour une Tunisie nouvelle, des personnes dignes de notre 14 janvier. Hélas, il semblerait que tout les séparent et rien ne les réunissent.

Tout ce qui précède est censé être l’image de la Tunisie du 24 Octobre 2011, sauf que ceci parait être difficile à réaliser, mais facile à imaginer.

Avant de voter, définissons la Tunisie post-révolution !

La Tunisie post-révolution, c’est une centaine de partis politiques, une cinquantaine de sit-in par jour, une quarantaine de pages Facebook à vendre, une trentaine de nouvelles dites, quotidiennes et hebdomadaires, basées sur des mensonges, vendus à 600 millimes (les journaux? oui), une vingtaine de grosses têtes revenues de leurs exiles pour nous faire revenir à une ère, jadis, révolue et une dizaine de rues envahies par des marchands ambulants. La Tunisie post-révolution est aussi Jalel Brik et ses vidéos -18ans, Abderrahman Ben Souguir et ses Kalashnikov, Madame Dhekra et ses aventures du 13 janvier, Farhat Rajhi et ses RajhiKLeaks, mon cher Ba3eth El9anat et ses vidéos gags, Abou 9outada et ses histoires de vengeance des soi-disant islamophobes, et beaucoup d’autres merveilles que je ne cesse de lire, et de regarder chaque jour dans un pays où tout le monde veut faire de la démocratie, là, et tout de suite.

La Tunisie post-révolution est aussi, dix millions footballeurs remplacés à la 90min par dix millions de politiciens.

Oui, tout ça, sert à quelque chose.

Vous imaginez que dans quelques jours nous, les Tunisiens de Bouazizi, on aura une AC élue ? Mais quelle joie!. Le 24 Octobre à 07h00, dans la chambre des conseillers (siège de l’AC), deux cent dix huit élus nous chanteront notre Hymne Nationale (même ceux qui ne l’ont pas encore appris) et auront leurs mandats, Ah tiens, mandat ? Mais on ne sait pas encore combien leur faudra-t-il de temps pour rédiger ou adopter cette constitution, ça peut aller jusqu’à trois ans ou plus.

Une bouffée d’air frais après le 23?

Je l’espère, le 24 Octobre sera le début d’une bataille pour une Tunisie libre et démocratique. L’important aujourd’hui, c’est savoir pour qui voter, pour ne pas le regretter le 24, et nous balancer  » J’aurais dû voter pour Y et non X »

Maintenant c’est autour, des partis..

Je ne vous cache rien si je vous dis que je n’ai pas encore choisi pour qui voter, j’ai l’intention de voter pour un parti bien déterminé mais ça reste une « intention de vote ».

Depuis des mois, je cherche ce parti, cette liste indépendante, cette personne à qui je pourrais faire confiance, cette personne qui pourrait me défendre, qui aurait peut-être les mêmes visions futurs que moi. Or, en assistant à un débat politique télévisé animé par ce mec aux cheveux longs qui ne connait pas le prix du savon, ou en écoutant Ben Ticha et Bibo harceler ses invités, avec qui, ils ne partagent pas les mêmes avis et les mêmes orientations politiques (oui, parce que Ben Ticha ne pourra jamais être neutre, et ce n’est que mon avis), ça me laisse perplexe!.. Mais je me déciderais tôt ou tard.

Le parti qui réalisera vos rêves, tous? Oui, y en a!

Enfin, je tombe sur ce parti qui me promet du pain à 100 millimes, des légumes à 500 millimes, 10000 dinars pour se marier (et si je prends 4 moi?), une bourse de 1000 dinars pour les étudiants(ils gagneront plus qu’un bac+4 en étatique), des restos de cœur ouverts 24/24 (oui, parce qu’on est à San Fransisco nous), 400m de terrain par citoyen et dans sa ville natale (et si je suis né à Sidi Boussaid ?), de la consommation d’électricité gratuite, 800000 postes de travail (même Zaba ne pouvait pas faire mieux)..Bref, avec ce programme j’ai enfin compris la signification de cette expression que lisais toujours sur twitter « Heureusement que le ridicule ne tue pas ».

Et maintenant que faire?

Maintenant j’ai décidé de ne pas trop me casser la tête avec ces débats qu’on passe à la télé, ces vidéos facebook qui circulent, ces articles qu’on lit un peu partout, ces rumeurs qu’on n’arrête pas de lancer sur la websphère et dans les cafés, j’ai décidé de faire autrement, de suivre mon intuition!.

A bon entendeur.

Je vous parle d’un temps que les moins débiles ne peuvent pas connaitre, que les moins fidèles ne peuvent pas connaitre, que les moins intelligents ne peuvent pas connaitre. Je vous parle d’une histoire que seuls les « vrais amis » peuvent connaitre. Ceux qui ne le sont pas, ils peuvent eux aussi, la connaitre.

L’amitié, une joie?

Tout commence avec une nouvelle connaissance que tu fais, oui, parce que toi, si sociable (et si con à la fois), t’as toujours ce souci, cette joie d’avoir de nouveaux amis.. et là, c’est toute l’histoire.

Au premier contact, pour arracher cette amitié et être à côté de cette énigmatique personne, tu fais tout pour lui plaire. Bref, tu joues le séduisant et tu te sens prêt à tout faire pour devenir « son ami ».

Quelque jours après, si ce n’est pas le lendemain, c’est un rendez vous pour un café, vous passez des heures à vous parler des trucs qui ne font que rire, des histoires drôles, des souvenirs d’enfance…Vous parleriez même des histoires des autres amis communs, histoire de se trouver des points communs et de conclure à la fin que vous êtes nés pour être des amis. Ouh la la, des heures et des heures. Au prochain rendez vous, place aux secrets !

Et ce prochain rendez vous ne tarde pas à venir. Voilà que vous vous retrouvez dans un café du coin en train de papoter des confidences et des secrets. Ces confidences, ces histoires choquantes parfois, ces secrets qu’on s’échange ne viendront que pour renforcer les liens d’amitié qui vous unissent. Du coup, tu te sens fier d’avoir « arraché » un ami dans une société où l’on ne parle plus d’amitié mais plutôt de l’e-amitié.

Heureux? Oui, mais ça ne va pas durer.

Les rendez vous se multiplient mais ne se ressemblent pas, à chaque fois il y a de nouvelles histoires à se raconter, des programmes, des sorties, des diners et des soirées à planifier. Non, pas à planifier, mais plutôt « à vivre ». Ces moments de joie que vous vous partagez ne seront, et ne resteront, que des rêves. Ne vous en faites pas, un jour on vous réveillera de ce long sommeil.

Voilà qu’au bout de quelques jours ou semaines, vous vous considérez comme des amis, de VRAIS amis. Mais attendez, ne vous emportez pas, il y aura certainement des surprises.

Un ami aura toujours besoin de vous? Oui.

Le temps passe, tu retrouves cette sensation de plaisir et de joie intense de venir au service des autres, tu ne peux pas t’empêcher, parce que tu es un con.

Une fois, deux fois, trois, quatre, cinq, six ..et Hopa ! Tu ne peux plus, tu es là pour l’aider, rien que pour l’aider, sans rien demander en retour ou presque. Ainsi, on ne devra plus parler d’amitié, mais d’un esclavage.

Dans les jours qui suivent, tu seras pris pour un esclave. On te donne des instructions, tu dois obéir, on te demande des trucs, tu dois les faire. Mais oui, parce que rappelle-toi, tu es un con.

Et si un jour tu te rends compte que t’es un con ?

Arrive alors le jour où tu te réveilles le matin et tu te poses des questions : Pourquoi je me comporte ainsi ? Mérite-t-il d’être mon ami ? Me prend t-il pour un ami ? Pour enfin arriver à la question qui tue : Faut il que j’arrête? Et oui mon petit, il faut que tu arrêtes d’être bon!

Evidement, si triste et si blessé, tu te rends compte que tu t’es investi dans une relation qui, finalement, ne t’a servie à rien. Au contraire, t’étais là pour aider, tu as récolté du chagrin.

Tu décides alors de te casser, et tu le fais tout de suite, sans même s’attarder.

Pourquoi tu ne peux pas être mon ami ?

Tu ne peux pas être un ami, un vrai, parce que tout simplement un ami ne se cache pas quand on aura besoin de lui, parce qu’un vrai ami ne nous fait jamais des sales coups, parce qu’un vrai ami ne blesse jamais, parce qu’un vrai ami « est une épaule sur laquelle on se repose, une oreille attentive, des bras protecteurs » alors que toi tu ne l’es pas, parce qu’un vrai ami fait tout pour voir le sourire sur tes lèvres, parce qu’un vrai ami vient toujours à ton secours, parce qu’un vrai ami ne te laisse pas courir derrière, parce qu’un vrai ami ne limite jamais une relation dans le temps.. un ami c’est pour la vie, ou jamais ! Tu ne peux pas être mon ami, parce que tu m’as manqué de respect.

Mais surtout parce qu’un vrai ami ne t’oublis pas si vite..

Et pour finir, mes pensées du jour..

  • Ceux qui adorent qu’on leur chante « Down on my knees » (Ayo), faites vite, consultez un psychiatre, vous êtes malade.
  • Il y a ceux qui ont un cœur et veulent avoir la ruse, possible. Mais il y a ceux qui ont la ruse et ne peuvent jamais avoir un cœur.
  • T’es là pour offrir le sourire aux autres? Tu seras vite récompensé: on t’offrira du chagrin.
  • Plus t’es disponible pour venir aider les autres, plus ta vie se complique, et plus on te fait des sales coups.
  • Si on arrive à t’oublier si vite, c’est que tu n’as jamais été un ami, ou qu’on t’a jamais pris pour un vrai.
  • Tout le monde peut être utile, il faut juste avoir la volonté!
  • Il est facile de dire qu’on est là pour les autres, difficile de le prouver
  • Un vrai ami se manifeste quand on aura besoin de lui.. un faux, se cache!
  • Ce n’est pas tout d’avoir un grand cœur, il faut le montrer, sinon on risque de devenir un grand cœur..malade
  • Ce n’est pas tout de dire qu’on est gentil, il faut l’être.
  • Ce n’est pas tout d’avoir de l’esprit, il faut connaitre la manière de s’en servir.

Publié: octobre 11, 2011 dans Uncategorized

Mais qui est Scoulino?

Publié: octobre 10, 2011 dans Uncategorized

Scoulino est un citoyen Tunisien comme les autres, qui n’arrête et n’arrêtera jamais de vous chier.

Scoulino, est mec qui a eu son Bac Sciences Expérimentales à l’époque où le diplôme du baccalauréat Tunisien était reconnu partout dans le monde (oui, je n’avais pas eu recours à ce 25% pour réussir moi).

Scoulino est parti ensuite faire de la médecine dentaire en Ukraine (menteur, t’es parti faire du tourisme, mais ça a duré un peu plus qu’un séjour touristique) avant de revenir deux ans plus tard en Tunisie étudier de l’Informatique Appliquée à la Gestion, arracher sa maitrise et obtenir un mastère en Commerce Eléctronique.

 

Et sinon, Scoulino est aussi un fou vivant. (Gardez ça, oubliez le reste).

Full Stop.

Pour m’écrire: scoulino[at]yahoo[point]fr